Sous son aile un refuge

CHER FILLEUL,


Ta lettre me renvoie vingt ans en arrière. C'était le début de l'été. Au fond du jardin, entre les arbres, nous apercevions des embarcations passer sans bruit. Quelques planches à voiles, peu à cause du manque de vent, glissaient silencieusement sur le lac. Leurs voilures de couleurs vives contrastaient avec la verdure du site et captaient malgré soi le regard.
La lumière était exceptionnelle dans un ciel bleu azur et les contours du paysage savoyard ressortaient avec force. C'est aussi une des particularités du lac Léman de dégager une nature joyeuse. J'ai toujours pensé que cette sensation était due à une singulière luminosité liée à l'alchimie entre l'essence des arbres, les Alpes attenantes et l'immense étendue d'eau. Nous étions au mois de juillet, tu avais eu un an le premier avril. Je t'observais. En ce jour de ton baptême, une trentaine de personnes étaient réunies dans votre belle propriété familiale.
Tes petites jambes n'arrêtaient pas d'aller et venir et tu parcourais la pelouse en tous sens accompagné d'une grappe de cousins comprenant bien qui était le roi de la fête. Habillé de blanc, la beauté de ton visage ressortait. Ce qui me frappait, c'était ta gentillesse ; pas de la faiblesse, non, de la générosité. Un de tes nombreux cousins a voulu t'arracher des mains ton jouet ; tu n'as pas cédé, avec force tu lui as résisté. Il s'est énervé et t'a donné un coup violent sur le bras. Campé sur tes deux jambes, tu as légèrement baissé la tête, et de tes grands yeux, bien ouverts, tu as cherché à comprendre. Désarçonné par ton regard fixé sur lui et par ton calme impérial, il s'est rapproché de toi. Votre face-à-face n'a duré qu'un court instant; l'enfant déconcerté est reparti en courant. Alors, comme si rien n'était advenu, tu as repris gaiement ton jeu.
En lisant ce courrier, je ressens la même émotion. Je t'imagine, à l'autre bout du monde, le visage grave, le regard droit et cette question écrite au bout de ta plume : «Qui es-tu marraine ? Je suis loin des miens, je me sens seul. Il faut que je sois à des milliers de kilomètres pour m'apercevoir que j'ai une marraine que je ne connais pas vraiment et à qui j'ai besoin de me confier.»
Nous avons vingt ans de silence entre nous.
C'est surprenant, tu m'écris avoir besoin de moi alors que tu as atteint la majorité. J'en suis à la fois touchée, heureuse et triste. Touchée car je t'estime ; les trop rares fois où nous nous sommes vus, j'ai aimé qui tu es. Heureuse, car aujourd'hui j'ai mille et une choses à te transmettre, et triste de savoir que pour toi mon cher filleul la vie est difficile, que tu es dans l'épreuve.
Je veux t'aider à connaître la vérité de ton coeur. Si, comme je le crois en lisant ta lettre, tu as des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, tu atteindras vite une juste vision de ce monde, le sourire reviendra sur tes lèvres et ton visage avenant et ton esprit éclairé porteront du fruit.
La vie est une chaîne d'Amour. Nous sommes libres de vivre selon les paroles du Seigneur ou de les ignorer. Je m'adresse à toi en toute sincérité et je te livre ce que la vie m'a donnée.
Puisque tu viens à moi, je veux t'ouvrir les bras et partager tout ce que je possède. Grâce à Lui ma richesse aujourd'hui est immense, ce qui n'était absolument pas le cas l'année de ta naissance.

 

Un mot de l'auteur

Dans ce livre de témoignage je désire montrer comment par la prière j'ai réussi à aller encore plus loin dans l'amour de l'autre. Tous nous avons besoin de l'amour, c'est le plus grand de tous les dons. D'aimer et d'être aimé, c'est une loi fondamentale de la vie, de pardonner et d'être pardonné. En allant donner des conférences dans toute la France auprès des collégiens et des lycéens, par mes rencontres, j'ai vu comment les ténèbres sont des voies de souffrance, de désespérance, de suicide. Beaucoup refusent de prendre la voie de la paix et ne veulent pas ouvrir leur coeur à la grâce. Alors j'ai voulu écrire comment il tient à nous de ne pas nous retourner sur nos souffrances passées mais de choisir de Lui abandonner tous nos fardeaux. 
Prier et aimer. Avec l'amour nous pouvons même faire ce qui est impossible.

 

Détails de l'émission Avec Sous son aile un refuge, Marie-Christine d’Welles nous livre un témoignage proprement extraordinaire. Elle raconte comment par des conférences elle combat la drogue au risque de sa vie parfois, mais toujours avec le soutien surnaturel du Christ. Ce livre aux anecdotes surprenantes, animé d’une foi sans faille n'est pas seulement alarmiste, c’est surtout une œuvre de lumière. Il doit être lu, offert aux jeunes, qui sont tous menacés, promu en toutes occasions.

Emission présentée par Bernard Leconte et Michel Bouvier

 Sous son aile un refuge, de Marie-Christine d’Welles nous livre un témoignage proprement extraordinaire…  Il doit être lu, offert à tous. Promu en toutes occasions. 

http://podcast.rcf.fr/emission/138978/556450